Équipe de France · Actualité
Trois matchs après, quelle France se dessine avec Zidane ?
Deux victoires, un nul et les premières pistes d’une nouvelle équipe de France. Entre confiance accordée aux nouveaux visages, intentions offensives et maîtrise encore incomplète, les débuts de Zinédine Zidane dessinent une direction davantage qu’une révolution.

On avait surtout regardé Zidane avant de regarder les Bleus. Son retour, son premier banc, ses premières consignes. Comme si toutes ces années à attendre son arrivée avaient donné à trois rencontres de Ligue des nations la responsabilité de nous montrer immédiatement autre chose. La Turquie, la Belgique puis l’Italie ont ramené cette impatience à une échelle plus raisonnable. Deux victoires, un nul : le départ est bon. La suite de l’histoire est encore à écrire.
Parce que l’attente autour de lui dépasse largement les résultats. Cette équipe de France sait depuis longtemps gagner des matchs. Ce que l’on veut découvrir, c’est la place que prendra le ballon, la liberté laissée aux joueurs et la manière dont tout cela pourra tenir ensemble. Avec Zidane, on imagine facilement les associations avant même de vérifier si elles fonctionnent. Cherki, Olise, Dembélé, Doué : les noms donnent envie. Mais les additionner ne suffit pas à organiser une attaque.
En Turquie, les habitudes résistent
Le premier match a eu le mérite de calmer les projections. À Izmit, les Bleus ont gagné difficilement, grâce à Mbappé, dans une rencontre où les flottements défensifs ont accompagné quelques occasions intéressantes. Puis leur capitaine s’est blessé. La première soirée de Zidane a donc offert tout ce que le football sait mélanger : un résultat rassurant, un contenu imparfait et un problème nouveau au moment même où l’on pensait commencer à trouver des réponses.
Ce succès ne permettait pas encore de parler d’une équipe transformée. Il rappelait surtout que les difficultés d’une sélection ne disparaissent pas avec celui qui les observe depuis le banc. Les joueurs doivent se trouver, comprendre quand venir demander le ballon et quand partir sans lui. Cela demande des répétitions. Or un sélectionneur travaille avec des rendez-vous espacés, des états de forme différents et des automatismes empruntés à plusieurs clubs. Zidane hérite aussi de cette réalité.
En Belgique, la curiosité devient concrète
À Bruxelles, il a changé neuf titulaires. Une rotation aussi large répondait au calendrier, mais elle ouvrait également une porte : celle d’une équipe de France dans laquelle certains joueurs pouvaient montrer autre chose qu’une bonne entrée de quinze minutes. Da Cunha et Jacquet ont saisi cette occasion avec une assurance remarquée. Olise, sorti du banc, a finalement fait basculer le match à la 88e minute.
C’est peut-être ce que cette rencontre a apporté de plus intéressant. Le renouvellement a pris des visages et des responsabilités. Pour un nouveau sélectionneur, découvrir son groupe consiste aussi à vérifier qui peut porter ses idées lorsque les cadres ne sont pas tous sur le terrain. La victoire en Belgique a fourni des possibilités. Elle ne devait pas, pour autant, installer des certitudes définitives.
Da Cunha en donne déjà un exemple. Remarqué à Bruxelles, il a ensuite été impliqué dans l’égalisation italienne. Voilà deux matchs qui invitent à regarder un joueur plutôt qu’à le classer trop vite. Une première réussie mérite davantage qu’un enthousiasme passager. Une erreur mérite une analyse, pas forcément une condamnation. La confiance d’un sélectionneur prendra tout son sens dans la manière dont elle traversera aussi ces moments-là.

Contre l’Italie, avoir le ballon pose une autre question
Au Stade de France, les Bleus ont eu 65 % de possession, tiré dix-huit fois et cadré huit tentatives. Donnarumma a beaucoup travaillé. Pourtant, l’Italie termine avec davantage de buts attendus selon Opta : 1,46 contre 1,21. Ce contraste raconte bien la rencontre. Les Français ont davantage occupé le terrain adverse ; les Italiens ont conservé les moyens de leur faire mal.
On peut donc comprendre la satisfaction de Zidane sur certains passages et rester exigeant sur l’ensemble. En première période, il a lui-même relevé un manque de profondeur des milieux dans les trente derniers mètres. La remarque touche au cœur du chantier. Les joueurs capables de recevoir entre les lignes sont nombreux. Mais si trop de monde vient chercher le ballon et trop peu de monde attaque l’espace, la défense adverse peut regarder le jeu se déplacer sans avoir réellement à se déplacer elle-même.
La seconde période a offert davantage de danger. Olise a marqué, Donnarumma a repoussé plusieurs tentatives et Maignan a également dû intervenir pour préserver le résultat. Le nul ne se résume donc pas à une victoire française confisquée par un grand gardien. Il montre une équipe capable de pousser, mais encore exposée à ce qui se passe lorsqu’elle perd le contrôle d’une action.
Olise éclaire le début, le collectif doit prolonger
Avec le but décisif en Belgique puis l’ouverture du score contre l’Italie, Olise occupe une place importante dans ce premier bilan. Son influence offre à Zidane un point d’appui. Elle pose aussi une exigence pour la suite : faire circuler cette capacité à décider d’un match. Une équipe gagne en solidité lorsque le danger peut venir de plusieurs associations, de plusieurs déplacements et de plusieurs joueurs.
Après trois rencontres, la France a surtout élargi le champ des possibles. Des nouveaux joueurs ont répondu présent, certaines associations donnent envie d’être revues et les résultats permettent de travailler sans urgence immédiate. Les limites sont tout aussi utiles à identifier : une possession qui doit davantage désorganiser l’adversaire, des courses à coordonner et un équilibre à préserver lorsque l’équipe attaque.
Pour l’instant, son nom donne envie de regarder les Bleus. À son équipe de donner envie de continuer.
Zidane a changé le regard sur les Bleus. Reste à voir jusqu’où il changera leur jeu.
Tomsofoot
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Après le récit, le jeu.
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