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Liverpool - Chelsea Anfield le pire endroit pour douter ?

Liverpool vient d’enchaîner quatre victoires, mais Andoni Iraola doit renouveler son équipe. Face à lui, Xabi Alonso retrouve Anfield avec un Chelsea privé de Cole Palmer et de João Pedro, et une défaite contre Tottenham à réparer.

Liverpool - Chelsea Anfield le pire endroit pour douter ?

Xabi Alonso revient à Anfield avec davantage de problèmes à résoudre que de souvenirs à entretenir. La défaite contre Tottenham a laissé Chelsea sans Cole Palmer, suspendu, et sans beaucoup de certitudes offensives. La blessure de João Pedro en retire encore quelques-unes. Mercredi, le passé de son entraîneur ne donnera aux Blues ni une solution entre les lignes ni un attaquant supplémentaire dans la surface.

En face, Andoni Iraola possède ce qui manque à son ami : une série à prolonger. Quatre victoires consécutives, dont le succès contre Brighton dimanche, ont donné de la consistance au redressement de Liverpool. Mais les résultats ne raccourcissent pas la récupération. Trois jours après avoir enfin gagné en championnat à Anfield, les Reds devront y défendre leur place en Coupe de la Ligue avec d’autres jambes, d’autres associations, peut-être d’autres habitudes.

Un geste à conserver

Contre Brighton, le deuxième but de Liverpool a commencé avant la passe décisive. Bradley Barcola a contré le dégagement d’Olivier Boscagli, poursuivi sa course, gagné le ballon, puis trouvé Alexander Isak devant le but. Une action courte, presque brutale dans son efficacité, qui résumait une intention collective : ne pas laisser l’adversaire sortir tranquillement, puis attaquer avant qu’il ait le temps de se réorganiser.

Le premier but avait demandé davantage de circonstances favorables, avec cette frappe de Florian Wirtz déviée par Pascal Groß dans son propre filet. Mais Liverpool avait su provoquer les situations, puis conserver son avantage. Le 2-0 a récompensé cette capacité à peser sur les erreurs adverses. C’est cette continuité qu’Iraola attendra de son équipe remaniée. Un joueur peut remplacer Barcola sur une feuille de match ; encore faut-il qu’un partenaire accompagne sa course et qu’un autre prépare déjà la suite. Une pression isolée se contourne. Plusieurs déplacements coordonnés peuvent enfermer toute une défense.

La victoire de dimanche n’a pourtant pas effacé les fragilités. Brighton a trouvé le poteau après une perte sur une sortie de but et contraint les défenseurs à intervenir dans l’urgence. Liverpool a gardé sa cage inviolée sans toujours maîtriser les circonstances. Chelsea cherchera à davantage de qualité pour exploiter cette fragilité.

Des changements pour préparer Arsenal ?

Six changements contre Villarreal, quatre contre Brighton, de nouveaux annoncés mercredi : Iraola travaille déjà avec plusieurs versions de Liverpool. La coupe permettra de mesurer ce qu’elles ont réellement en commun.

La question dépasse la valeur individuelle des remplaçants. Elle concerne le temps nécessaire pour se trouver. Qui vient offrir une passe au défenseur pressé ? Qui reste derrière l’attaque ? Qui occupe la zone abandonnée par un partenaire parti chercher le ballon ? Ces décisions se prennent vite et se prennent mieux lorsque chacun connaît celles des autres.

L’état de Wirtz ajoute une incertitude importante. Touché à la cheville contre Brighton, l’Allemand pourrait participer, selon l’optimisme exprimé par Iraola mardi. Sa présence n’était toutefois pas confirmée. Dominik Szoboszlai et Víctor Muñoz paraissaient moins proches d’un retour.

Sans Wirtz, il faudrait notamment retrouver cette disponibilité dans les espaces étroits, cette possibilité de lui donner le ballon alors que le mouvement semble encore fermé. Liverpool pourrait compenser par davantage de courses, par un jeu plus direct ou par une meilleure occupation de la largeur. Chaque solution réclamerait une organisation différente autour du receveur.

Iraola ne jugera donc pas seulement les joueurs auxquels il donnera leur chance. Il observera la capacité de son équipe à les faire jouer.

Xabi Alonso lors de la rencontre comptant pour la sixième journée de championnat contre Bournemouth.

Des maux de tête pour Alonso ?

Chelsea affronte un problème plus immédiat. João Pedro, blessé à la cuisse, sera absent quelques semaines, sans échéance précise annoncée. Ses cinq buts et ses trois passes décisives en sept rencontres donnent une mesure de ce qu’il retire à l’équipe. La suspension de Palmer alourdit encore la perte. 

Deux joueurs manquent, avec les relations qui s’étaient construites autour d’eux. Les partenaires doivent retrouver où donner le ballon, quand dépasser l’attaquant, à quel moment entrer dans la surface. Le remplacement devient alors une affaire collective : une course légèrement différente peut obliger toute une attaque à revoir ses repères.

Alonso dispose de plusieurs possibilités. Emmanuel Emegha est annoncé dans le groupe et pourrait débuter avec Chelsea après sa blessure aux ischio-jambiers. Danny Welbeck offre une autre solution à la pointe. Morgan Rogers y a été utilisé contre Tottenham. Aucun de ces choix n’était arrêté publiquement à la veille du déplacement.

Le risque serait de demander au joueur retenu de reproduire exactement João Pedro. Alonso devra plutôt construire autour de ses qualités, déterminer qui s’en approche et qui profite des espaces qu’il ouvre.

Chelsea possède un exemple récent de cette complémentarité. À Everton, lors du succès 2-0, le premier des deux buts de Pedro Neto avait associé une remise de Rogers, la montée de Jorrel Hato et la finition du Portugais. Plusieurs joueurs avaient fait avancer la même action, chacun à son tour. Ce mouvement constitue un repère plus utile que l’attente d’un exploit individuel à Anfield.

La confiance se joue aussi dans les cages

Pour Mike Penders, au moins, la décision est prise. Alonso l’a confirmé dans le but après son match contre Tottenham, marqué par plusieurs arrêts puis par un but contre son camp sur corner. Le Belge retrouvera donc une occasion de jouer sans avoir à attendre que son erreur soit oubliée.

Le soutien de son entraîneur engage aussi ses partenaires. Face à Liverpool, il leur faudra venir chercher le ballon, offrir des angles de passe et reconnaître les moments où une relance courte devient trop risquée. On protège mal un gardien en lui renouvelant sa confiance tout en lui laissant les décisions les plus difficiles.

Les Reds ont montré contre Brighton ce qu’ils pouvaient tirer d’un dégagement contrarié. Chelsea devra choisir ses sorties avec soin. Jouer long pourra être nécessaire, à condition de préparer la dispute du ballon suivant. Insister au sol demandera des solutions assez proches pour que Penders ne reste pas seul devant la pression.

Cette première passe pourrait donner une forme à toute la rencontre. Si Liverpool la coupe, son équipe renouvelée trouvera des occasions d’attaquer un adversaire désorganisé. Si Chelsea la franchit, les joueurs lancés derrière le premier pressing obligeront les Reds à défendre en reculant.

Iraola veut conserver les bénéfices des dernières semaines en changeant son équipe. Alonso doit retrouver des connexions avec des joueurs privés de leurs partenaires habituels. À Anfield, les deux entraîneurs attendront la même chose de ceux qu’ils auront choisis : qu’ils sachent aussi rendre les autres meilleurs.

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