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Ligue 1 · Analyse

Un OM presque Clownesque

Les Olympiques qui déçoivent en coupe d'Europe n'ont pas fini de nous surprendre. L'Olympique lyonnais, en mars dernier, est sorti en huitième de finale face à un Celta Vigo prenable. Cette saison, toujours en Ligue Europa, un autre Olympique plus au sud a décidé d'enfiler le costume de clown en ce jeudi 17 septembre 2026, que ce soit depuis son mercato d'été ou dans les résultats.

Un OM presque Clownesque
Bruno Genesio, impuissant sur son banc lors de la lourde défaite de l’OM face à Beşiktaş (4-1) en Ligue Europa. Une soirée cauchemardesque à Istanbul pour l’entraîneur marseillais et ses joueurs.

MARSEILLE, LE PROBLÈME DES DEUX SURFACES

Cette saison, deux clubs français ont croisé la route d’un adversaire turc en Europe et les deux Olympiques en tirent finalement le même constat : il y avait mieux à faire.

Marseille possède sans doute davantage de circonstances atténuantes que son homologue lyonnais, mais elles ne suffisent pas à masquer le problème. L’OM de Bruno Genesio ne sait toujours pas suffisamment bien gérer les deux surfaces. Dans ses temps forts, Marseille manque de cruauté, laisse passer ses occasions, et transforme trop rarement sa domination en buts. Le problème est qu’à l’autre extrémité du terrain, les Phocéens se montrent encore plus fragiles.
Et le milieu dans tout ça ?

À l’image de plusieurs onze alignés depuis le début de la saison, les hommes de Genesio donnent parfois le sentiment de payer physiquement ce que leur entraîneur leur demande. Presser, courir, accompagner les transitions, répéter les efforts : le projet réclame beaucoup à un effectif qui n’a peut-être tout simplement pas les ressources suffisantes pour maintenir cette intensité.
Mais il faut aussi poser une question moins confortable : et si la qualité technique de cette équipe était simplement limitée ?

Marseille a égrené son effectif durant l’été sans avoir réellement la possibilité de le renforcer. Après seulement cinq matches, cette situation commence déjà à faire apparaître les limites d’un groupe probablement suffisamment armé pour traverser la Ligue 1, mais beaucoup moins pour exister sur plusieurs tableaux en même temps.

Et le calendrier ne lui offrira aucun répit. Avant une trêve de trois semaines, l’OM recevra rien de moins que le double champion d’Europe en titre. Un PSG qui, lui-même, réalise un début de Championnat inférieur à ses ambitions et aura donc toutes les raisons de vouloir remettre les choses dans l’ordre. Marseille espérait sans doute profiter de la trêve pour respirer. Paris pourrait d’abord lui couper un peu plus l’air.

Genesio plus qu'un coach ?

Si l’on devait comparer aujourd’hui le métier de Bruno Genesio à un autre, on finirait presque par croire que la direction phocéenne abuse de la polycompétence de son entraîneur. Il doit entraîner, reconstruire, composer avec un effectif amoindri et, désormais, presque expliquer lui-même ce que Marseille est encore en droit d’espérer. Après Rennes, Genesio a même renvoyé publiquement la question des objectifs à ses dirigeants, estimant que certaines choses devaient être dites « plus clairement » et que ce n’était pas à lui de les expliquer. Quelques jours auparavant, parler de Ligue des champions lui paraissait déjà « irresponsable ». 


On a pourtant compris l’état de la voiture. Elle est robuste, mais cabossée. Plusieurs options lui ont été retirées pendant l’été, le milieu manque de profondeur et la mécanique ne possède plus la marge des effectifs marseillais précédents. La presse pointait déjà après la défaite contre le Paris FC le manque de variété et de solutions dans l’entrejeu, tandis que Genesio reconnaissait lui-même avoir vu son équipe « coupée en deux ». 

Mais le véhicule continue de rouler, et son conducteur ne pourra pas éternellement parler de son matériel. Parce que Genesio connaît désormais chaque défaut de sa machine. Il sait qu’elle souffre lorsque les distances s’allongent, qu’elle manque de jambes pour répéter certains efforts et que son pressing peut abandonner sa défense. Après le Paris FC, il reconnaissait lui-même avoir une part de responsabilité dans cette volonté de défendre en avançant, après avoir vu Marseille se faire contrer « comme une équipe de gamins ». 

C’est là que la responsabilité de l’entraîneur commence réellement. On ne peut pas reprocher au conducteur de ne pas posséder une Formule 1 quand on lui a confié une voiture de série. On peut en revanche lui reprocher de continuer à l’engager sur des routes dont il connaît parfaitement les limites. Genesio n’a pas construit cet effectif. Mais il choisit encore la route. Et après trois défaites lors de ses quatre premiers matches de Ligue 1 une entame qu’aucun entraîneur marseillais n’avait connue depuis Ivan Markovic en 1977 le temps où l’état de la carrosserie suffisait à expliquer les sorties de route commence déjà à s’achever.