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Premier League · Analyse

Palace joue, Everton punit : la première leçon de Pierre Sage

Pour sa première en Premier League, Pierre Sage a vu Crystal Palace produire une première période pleine de promesses avant de découvrir ce que l’Angleterre pardonne rarement : les occasions manquées. Everton a attendu, résisté, puis frappé. Et la grave blessure de Chadi Riad a rendu l’après-midi encore plus cruel.

Palace joue, Everton punit : la première leçon de Pierre Sage

Pendant près de quarante minutes, Pierre Sage pouvait probablement regarder sa première apparition sur un banc de Premier League avec une certaine satisfaction.

Crystal Palace jouait. Et jouait plutôt bien. Avec Adam Wharton pour donner du sens aux premières passes et le duo Eddie Nketiah – Jean-Philippe Mateta pour attaquer la profondeur et la surface, les Eagles ont longtemps été l’équipe la plus dangereuse au Hill Dickinson Stadium.

À la 17e minute, Wharton a trouvé Nketiah d’un ballon admirable derrière la défense. L’ancien attaquant d’Arsenal avait le temps, l’espace et presque tout le but devant lui. Il lui manquait simplement d’avoir affaire à un gardien ordinaire. Jordan Pickford a sorti une parade exceptionnelle pour détourner sa frappe sur le poteau.

Vingt minutes plus tard, Nketiah a cette fois trouvé Mateta au terme d’un centre rasant. Le Français s’est jeté. Encore le poteau. Deux occasions énormes, aucun but. Même David Moyes reconnaîtra après la rencontre qu’Everton aurait parfaitement pu se retrouver mené de deux buts. Sky Sports a d’ailleurs relevé un xG de 2,04 pour Palace, son plus élevé en Premier League sans parvenir à marquer depuis décembre 2018.  

Everton n’a pas dominé. Everton a puni.

C’est là que le match a changé. Parce que lorsque Palace avait besoin de plusieurs occasions pour toucher les montants, Everton n’en a pratiquement eu besoin que d’une pour faire basculer la rencontre. À la 42e minute, le jeune Harrison Armstrong, 19 ans, a gratté le ballon à Daniel Muñoz. L’espace s’est ouvert et Kiernan Dewsbury-Hall s’y est engouffré avant d’expédier du gauche une frappe croisée hors de portée de Dean Henderson. 1-0. Une punition presque disproportionnée au regard de la première période. Mais le réalisme possède rarement le sens de la justice. L’Équipe soulignait d’ailleurs après la rencontre que l’issue aurait pu être très différente si Mateta avait transformé son énorme occasion quelques minutes auparavant.

Et puis Ndiaye a accéléré
Au retour des vestiaires, le visage de Palace avait changé. Le ballon circulait toujours, mais plus lentement. Les espaces se réduisaient et Everton pouvait désormais défendre plus bas, attendre et choisir le moment où frapper. Pierre Sage le reconnaîtra lui-même après le match : son équipe avait exécuté son plan en première période avant de manquer de vitesse dans ses décisions et dans sa circulation après la pause. Everton, lui, n’a pas attendu longtemps. À la 53e minute, Hayden Hackney a rapidement joué un coup franc. Iliman Ndiaye, particulièrement inspiré sur son côté, s’est échappé avant de déposer un centre parfait dans la surface. Thierno Barry a pris le dessus dans les airs entre Chris Richards et Jaydee Canvot. Tête. 2-0. Deux occasions parfaitement négociées, et le match venait pratiquement d’échapper  

Puis le silence autour de Chadi Riad

Le score est ensuite presque devenu secondaire. À la 68e minute, Chadi Riad s’est effondré en tentant d’intervenir sur une action d’Everton. Le défenseur marocain s’est immédiatement tenu la jambe gauche. Les soigneurs sont entrés. Puis la civière. Riad a quitté la pelouse en larmes, touché au genou. Au soir du 22 août, Crystal Palace n’avait encore communiqué aucun diagnostic précis et il serait donc prématuré de parler d’une nouvelle rupture ligamentaire. Mais les images sont particulièrement difficiles compte tenu de son histoire récente. Transfermarkt recense pour Riad 430 jours d’absence liés à des problèmes au genou entre 2024 et 2025, dont 326 après une rupture du ligament croisé. Il venait enfin de retrouver une véritable continuité. Sage a perdu, mais il a entrevu quelque chose Le premier match de Pierre Sage en Premier League restera donc une défaite. 2-0. Sur le papier, elle paraît nette. Sur le terrain, elle l’était beaucoup moins. Palace aurait pu mener. Nketiah aurait pu marquer. Mateta aurait pu marquer. Et Everton le savait.

Mais c’est peut-être précisément la première leçon anglaise de Pierre Sage. Dans ce championnat, bien jouer pendant quarante minutes ne protège de rien. Everton n’a pas forcément produit davantage. Il a simplement fait ce que Palace n’a pas su faire : transformer ses moments en buts. Et pour Sage, derrière la frustration du résultat et l’inquiétude immense autour de Chadi Riad, il restera au moins quelque chose de cette première période : une idée, un début de football. La suite devra maintenant lui ajouter ce que la Premier League réclame avant tout : du réalisme.  

Et cela aurait pu être pire

Le football récompense parfois celui qui joue le mieux. Plus souvent, il récompense celui qui frappe au bon moment.

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