Ligue des champions · Analyse
GREENWOOD A PRIVÉ LYON DU COUP PARFAIT
L’OL a quitté Istanbul avec un nul (1-1) qui ressemble presque davantage à une occasion manquée qu’à un résultat arraché. Solides dans le vacarme du Şükrü-Saracoğlu, les Lyonnais ont ouvert le score par Loïs Openda avant qu’un éclair de Mason Greenwood ne ramène Fenerbahçe. Tout reste à faire au retour, mais Lyon a montré qu’il pouvait regarder le favori dans les yeux.

Pendant quarante minutes, le stade grondait sans parvenir à faire vaciller Lyon. Puis Corentin Tolisso a levé la tête. Son centre a traversé la surface et Loïs Openda a surgi devant son défenseur pour placer le ballon de la tête. Pendant quelques secondes, le vacarme d’Istanbul s’est dégonflé. Lyon menait 1-0 à Istanbul et rien, jusque-là, ne donnait l’impression d’un hold-up. C’est peut-être ce que ce barrage aller a raconté de plus important.
LYON N’EST PAS VENU SURVIVRE
Le score pourrait donner l’image classique d’un club français venu chercher un nul européen à l’extérieur. Le match raconte autre chose. Fenerbahçe a davantage possédé le ballon, mais pas réellement les occasions. Les deux équipes ont terminé avec douze tirs et cinq cadrés chacune. Plus révélateur encore, les données reprises dans le dossier donnent 0,73 xG à Lyon contre seulement 0,42 au Fener.
OPENDA, DÉJÀ
Loïs Openda attendait son premier but lyonnais. Il a choisi Istanbul. À la 40ᵉ minute, Tolisso conserve le ballon suffisamment longtemps pour trouver l’espace de centre. Openda attaque le premier poteau et coupe de la tête. Simple dans son exécution, l’action récompense surtout l’activité de l’attaquant. Il ne s’est pas contenté de ce but : après l’égalisation turque, il a encore trouvé le poteau et constamment obligé la charnière de Fenerbahçe à surveiller ce qui se passait dans son dos. Remuant, l'attaquant belge a mis Skriniar en difficulté, un buteur pur que l'OL attendait depuis longtemps.
GREENWOOD, UN GESTE ET TOUT RECOMMENCE
Il aura fallu deux minutes après la reprise pour effacer l’avantage lyonnais. Mason Greenwood reçoit à droite, revient sur son pied gauche face à Abner et déclenche. Le ballon part vite, trop précisément pour Greif. 1-1. Le geste est d’autant plus cruel pour Lyon qu’il ne vient pas conclure une longue période de domination turque. Il ressemble davantage à ce que les très grands joueurs offensifs savent produire : transformer une situation ordinaire en but extraordinaire. Greenwood a tenté quatre frappes, dont trois cadrées selon le compte rendu repris dans le dossier. Fenerbahçe n’a pourtant produit que 0,42 xG sur l’ensemble du match. C’est peut-être la meilleure définition de la soirée lyonnaise : l’OL avait réussi à contrôler le match, pas totalement le talent.
LE MATCH AURAIT PU BASCULER DES DEUX CÔTÉS
Après le 1-1, personne n’a véritablement réussi à refermer la soirée. Openda trouve le poteau. Plus tard, Dorgeles Nene répond sur le montant lyonnais. Tolisso possède encore une situation dans les dernières minutes. Le match s’étire, les espaces apparaissent et, pendant quelques instants, le barrage semble pouvoir basculer sur une seule course ou un mauvais contrôle. Le nul n’est donc pas injuste. Mais il ne doit pas non plus faire croire que Lyon s’est contenté de sauver les meubles. Le dossier rappelle que la presse française a jugé la prestation suffisamment convaincante pour considérer qu’une victoire lyonnaise n’aurait pas été imméritée.

LA PETITE DÉCEPTION TURQUE
Côté turc, le sentiment dominant n’est pas celui d’une catastrophe mais plutôt d’une occasion laissée passer. Fenerbahçe jouait à domicile avec Ederson, Aké, Škriniar, Kanté, Guendouzi, Greenwood, Talisca ou encore Kerem Aktürkoğlu, tandis qu’Asensio et Lukaku pouvaient sortir du banc. Ne pas prendre d’avantage avant le voyage à Lyon laisse forcément un goût d’inachevé. La presse turque insiste surtout sur une idée : la qualification devra désormais se gagner en France. Fenerbahçe n’est pas abattu. Mais il a perdu quelque chose mardi soir : le droit de se présenter dans la capitale des Gaules avec de l’avance.
LES NOTES DU MATCHS
Loïs Openda : 6,5/10
Un but, un poteau et une présence constante dans le dos de la défense. Son match le plus significatif depuis son arrivée.
Corentin Tolisso : 6,5/10
Passeur décisif, précieux pour calmer certaines séquences et encore dangereux dans la fin de rencontre. Un match de capitaine.
Mason Greenwood : 7/10
Le joueur qui change le match. Quatre frappes, trois cadrées et surtout un but que très peu de joueurs auraient transformé de cette manière.
CONCLUSION
Privé de Ligue des champions depuis 2020, Lyon est arrivé à Istanbul avec l'opportunité de prendre un avantage. Il en repart sans avance, mais sans dette non plus. Fenerbahçe, quant à lui, a pour dernier repère en Ligue des champions une phase de groupe en 2008/2009, bon dernier d'un groupe à quatre. Le groupe était composé d'Arsenal, du FC Porto et du Dynamo Kiev. Le club d'Istanbul possède davantage de noms. Greenwood a rappelé pourquoi certains d’entre eux suffisent à bouleverser une soirée. Mais, pendant quatre-vingt-dix minutes, Lyon a découvert autre chose : il n’a pas besoin d’être meilleur sur le papier pour être à la hauteur sur le terrain. Le 26 août, il ne faudra plus tenir Fenerbahçe. Il faudra l’éliminer.
Lugdunum et Constantinople devront se rappeler de leurs glorieux passés pour découvrir laquelle saura, le temps d’une nuit, redevenir impériale.
Rédigé par Tomsofoot